Les origines mécaniques de l'informatique s'enracinent dans la longue tradition des instruments de calcul européens, depuis la pascaline de Blaise Pascal en 1642 et la machine à multiplier de Leibniz en 1673, jusqu'aux métiers à tisser programmables de Jacques de Vaucanson et de Joseph Marie Jacquard, dont les cartes perforées présentées à Lyon en 1804 inspireront durablement les pionniers du calcul automatique. Le XIXe siècle industriel, porté par le besoin de tables logarithmiques, nautiques et actuarielles fiables, crée les conditions intellectuelles et matérielles d'une machine capable de calculer sans erreur humaine. Cette ambition trouve sa première formulation aboutie chez Charles Babbage, qui conçoit à Cambridge en 1822 sa machine à différences, puis dès 1837 la Machine analytique, architecture de calcul universelle articulée autour d'un moulin (unité arithmétique), d'un magasin (mémoire) et d'une lecture de cartes perforées inspirées de Jacquard. Ada Lovelace, en annotant entre 1842 et 1843 la description italienne de Luigi Menabrea, publie la « Note G » qui décrit un algorithme destiné à calculer les nombres de Bernoulli, considéré comme le premier programme informatique. Herman Hollerith applique en 1890 la mécanographie au recensement américain, fondant en 1896 la Tabulating Machine Company, ancêtre d'IBM. Dans les années 1930, Vannevar Bush construit à MIT son analyseur différentiel analogique, tandis qu'Alan Turing publie en 1936 « On Computable Numbers », formalisant la notion de machine universelle et posant les bases théoriques de l'informatique. Cette période, dominée par la mécanique de précision, la logique mathématique et les cartes perforées, prépare le basculement vers l'électronique : les concepts d'instruction, de mémoire, de programme et d'universalité sont déjà posés avant même l'apparition du tube à vide en calcul. Les limites physiques des engrenages — vitesse, fiabilité, encombrement — rendent inévitable la transition vers les composants électroniques opérée à partir de 1940. L'ère mécanique lègue ainsi à la suivante un vocabulaire conceptuel complet (algorithme, programme, donnée, boucle) et un premier panthéon de pionniers dont Lovelace, Babbage, Hollerith et Turing constituent les figures centrales.
1800–1940
Les origines mécaniques
Innovations de la période
Pionniers de la période
Alfred Edward Chalon — Public domain, via Wikimedia Commons
1815 — 1852
Ada Lovelace
Mathématicienne britannique, pionnière de la programmation informatique
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1791 — 1871
Charles Babbage
Mathématicien et inventeur britannique, concepteur des machines à calculer programmables
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1912 — 1954
Alan Turing
Mathématicien britannique, fondateur théorique de l'informatique et cryptanalyste