Au début des années 1970, l'équipe de recherche en informatique d'IBM dirigée par Edgar F. Codd entreprend de réaliser concrètement le modèle relationnel qu'il a présenté en 1970 dans son article fondateur « A Relational Model of Data for Large Shared Data Banks ». Le modèle relationnel rompt avec les précédentes approches de gestion de données — le modèle hiérarchique et le modèle réseau — en proposant d'organiser les données sous forme de tables composées de lignes et de colonnes, où chaque élément peut être interrogé au moyen d'une algèbre mathématique rigoureuse. En 1974, Donald Chamberlin et Raymond Boyce, chercheurs chez IBM à San José, développent le langage SEQUEL (Structured English Query Language) conçu pour fournir une interface plus intuitive et naturelle au modèle relationnel que les notations mathématiques pures. SEQUEL permet à un utilisateur non mathématicien de formuler des requêtes complexes sur des bases de données relationnelles par des phrases ressemblant à de l'anglais structuré. Le langage incorpore les opérateurs fondamentaux de l'algèbre relationnelle — projection, sélection, jointure — tout en les rendant accessibles et élégants. IBM crée en 1975 le premier prototype fonctionnel du système, nommé System/R, déployé à titre expérimental dans des universités et auprès de clients IBM, dont le succès pratique valide le concept auprès de l'industrie. Le langage est rebaptisé SQL (Structured Query Language) à partir de 1977 en raison de problèmes de marque déposée. Une première normalisation internationale intervient en 1986 lorsque l'ANSI (American National Standards Institute) adopte le standard SQL, suivi en 1987 par l'ISO (International Organization for Standardization). Cet élan vers la standardisation s'accompagne de l'émergence de dizaines de systèmes de gestion de bases de données relationnelles commerciaux et libres : Informix, Sybase, PostgreSQL, MySQL et bien d'autres implémentent SQL en l'enrichissant de fonctionnalités propres. Depuis 1974, SQL est devenu le langage de requête de facto pour la quasi-totalité des applications utilisant une base de données, qu'elle soit petite (SQLite) ou massive (Oracle, SQL Server). Au-delà du domaine spécifique des bases de données relationnelles, SQL a influencé la conception de langages ultérieurs pour l'interrogation et la transformation de données structurées, du XQuery pour XML au calcul distribué avec Spark SQL. Sa combinaison d'une syntaxe proche du langage naturel, d'une puissance mathématique et d'une standardisation rigoureuse en a fait le paradigme dominant pour l'accès aux données, cinquante ans après sa conception par Chamberlin et Boyce.
1974
Logiciel / Langage de requête
SQL